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mardi 28 janvier 2020

Dans la Lettre de l'audiovisuel le budget pub de RadioFrance déplafonnée


La fin de la liberté, l'alignement sur des logiques commerciales du privé?
Le plafond de recettes publicitaires imposé à Radio France est en passe de disparaître. Fixé à 42 millions d’euros en 2016 par le Contrat d’objectifs et de moyens, ce seuil symbolique courait jusqu’en 2019. Or, le budget 2020 du groupe radiophonique public, qui a été voté par le conseil d’administration de Radio France le 20 décembre 2019, prévoit des recettes publicitaires de l’ordre de 49,2 millions d’euros, indique la Lettre A. Un chiffre bien supérieur au plafond de 42 millions et qui pourrait être encore plus élevé étant donné que les prévisions budgétaires de Radio France se sont souvent montrées prudentes par le passé. Si un nouveau contrat n’est pas encore signé à l’heure actuelle, il se pourrait que le plafond concernant les recettes publicitaires engrangées par le groupe soit revu à la hausse, comme l’a laissé entendre le ministre de la Culture, Franck Riester. “Il faudra peutêtre bouger le plafond de recettes publicitaires imposées à Radio France. Nous voulons permettre une dynamique autour des audiences. Je ne veux pas priver la radio et la télévision de ressources publicitaires”, avaitil déclaré le 4 octobre 2019 à la presse. Le plafond publicitaire de Radio France devait empêcher le groupe public de s’accaparer trop d’annonceurs au détriment des groupes privés lorsque la publicité de marques fut autorisée sur les antennes des radios publiques en 2016.

https://www.lettreaudiovisuel.com/la-publicite-deplafonnee-du-cote-de-radio-france/

mardi 24 décembre 2019

Sur Agoravox : Radio-France et France-Inter : Quand la vie déborde

Par Octave Lebel sur agoravox
" Je rappelle que déjà présents dans les souvenirs des plus anciens auditeurs de France Inter interviennent chaque matin aux heures de grande écoute un unique éditorialiste du principal journal économique libéral du moment, un unique éditorialiste politique solidement campé dans le politiquement correct en cours qu’il transgresse occasionnellement par une tirade anticonformiste dont on peut penser qu’elle est utile à son hygiène mentale et aussi à la préservation des apparences de la diversité des points de vue, un unique éditorialiste à l’international qui comme tous les éditorialistes choisit de privilégier les faits qui servent son propos qu’on trouve bien partagés ailleurs, qui se distingue par le choix de ses formules et fait preuve comme ses confrères de fidélité à la direction du vent qui souffle le plus fort ce jour là. Là aussi, il y a quelquefois des surprises météorologiques qui maquillent l'espace d'un instant le conformisme mais confirment la tendance principale..."
"Il y a là des hommes et des femmes de culture et de communication hors pair. Radio-France a toujours su attirer des talents confirmés ou prometteurs qui par la musique, l’humour, les chroniques, l’intelligence difficile à domestiquer, la promotion d’une culture ouverte et libératrice, l’impertinence joyeuse, la chaleur nous font du bien chaque jour dans la médiocrité complaisante que répandent la plupart des médias à la hauteur de l’estime qu’ils portent à l’égard de ceux qu’ils cherchent à séduire. Il y a là quelque chose d’insupportable pour certains qu’il s’agit d’étouffer. Je pense que ce sont les raisons de fond qui les incitent à encore vouloir ici affaiblir et transformer. Il y a là une respiration vitale, notre pays aurait beaucoup à perdre si ces gens-là arrivaient à leur fin..."
"Ne nous laissons pas endormir ou distraire, soyons conséquents, vigilants et actifs.
 https://www.change.org/p/minist%C3%A8re-de-la-culture-la-radio-publique-en-danger?recruiter=false&utm_source=share_petition&utm_medium=twitter&utm_campaign=psf_combo_share_initial&recruited_by_id=0cf6f370-154c-11ea-bdfc-83ee1258bef8&share_bandit_exp=initial-19331316-fr-FR&share_bandit_var=v3
Merci à tous les personnels et les journalistes qui donnent le meilleur d’eux-mêmes et laissent passer un peu de lumière pour que leurs concitoyens soient des citoyens éclairés, debout, lucides et joyeux."

Lire l'article entier sur Agoravox

jeudi 19 décembre 2019

Un regain de mobilisation alors que les négociations semblent dans l’impasse.

Radio France a connu ce jeudi une 25e journé de grève très suivie selon les chiffres des syndicats et de la direction, un regain de mobilisation alors que les négociations semblent dans l’impasse.
Les antennes des radios publiques étaient fortement perturbées ce jeudi, avec des matinales à trous et de nombreuses émissions remplacées par de la musique. Le Syndicat national des journalistes (SNJ) a relevé 60 % de grévistes dans les rédactions, avec notamment de nombreux animateurs qui ont pris part au mouvement.
« La mobilisation par tous les moyens se poursuivra en 2020. L’Etat et la direction de Radio France doivent considérablement revoir leur copie », avaient répondu les organisations syndicales dans un communiqué. Une pétition en soutien à « la radio publique en danger » avait recueilli plus de 57.000 signatures jeudi après-midi.
Lire l'article en entier 
https://www.20minutes.fr/arts-stars/medias/2679083-20191219-greve-radio-france-60-grevistes-redactions-25e-journee-selon-snj

jeudi 14 novembre 2019

Le plan stratégique prévoit la suppression de 299 postes

"Du coup, 236 salariés seront invités à participer à ce plan de départs volontaires. Les sept radios (Franceinfo, France Inter, France Culture, France Musique, Mouv’, France Bleu et FIP) ainsi que les quatre formations musicales sont conservées. En revanche, le chœur symphonique va être sérieusement amputé : son effectif va passer de 93 à 60 personnes."

Pour préciser l'article : ménage totalement externalisé, standard supprimé, FIP régionaux démantelées, 1/4 de personnels de production encore en moins sur France Culture et Musique, 40 postes de techniciens son en moins a la Radio mais 76 postes créés dans le numérique pour fabriquer quoi ?

"Deux autres départements seront également très touchés. La direction de la production et des antennes va fondre de 10 % avec la disparition de 41 postes de techniciens, dont 25 spécifiquement dédiés au son. Les réalisateurs et les assistants-réalisateurs, surtout présents chez France Culture et France Musique, vont perdre 30 postes, pour tomber à 92 salariés.
« Certaines directions ne seront pas touchées par ces départs, à cause de leur organisation. Comme, par exemple, France Bleu », a également tweeté le syndicat SNJ, présent à la réunion."

"Ensuite, des coupes chirurgicales auront lieu un peu partout dans le groupe, aussi bien chez les administratifs que chez les journalistes. La moitié des postes de femmes de ménage va disparaître. Chez FIP, par exemple, « la direction supprime les flashs (quatre journalistes en moins) (…) et les animatrices en région », a précisé le SNJ."

Lire l'article en entier :

https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/11/14/le-plan-de-radio-france-prevoit-300-departs_6019160_3234.html

mardi 14 avril 2015

Pourquoi accepter de payer les gabegies de Radio France ?


Tous les citoyens qui paient la fameuse « redevance » audiovisuelle (Contribution à l’audiovisuel public) paient aussi l’épouvantable gaspillage dont les diverses directions de Radio France sont responsables.

- Le chantier de soi-disant « réhabilitation » de la maison de Radio France a déjà couté 584 millions d’euros (à fin 2014).
Combien de millions allons-nous encore devoir payer avec de l’argent public pour des travaux mal exécutés, défaits et refaits sans cesse ?

-  Trouvez-vous normal que la plupart des contrats (et surtout leurs montants) passés par Radio France avec des entreprises privées ne soient pas consultables et restent secrets ?

-  Tous les collaborateurs de Radio France ne sont pas des privilégiés.
Radio France est une entreprise de droit privé avec une mission de service public.
·        plus de 20 % de ses effectifs (dont CEUX QUE VOUS ENTENDEZ À L’ANTENNE) sont des Précaires en CDD dits « d’Usage Constant » ce qui est une pratique parfaitement illégale.
·        le salaire médian y est inférieur à 2500 euros brut.
·        nombre de ses personnels, de par leur statut (CDD, cachetiers, …) gagnent moins que le SMIC.

-   Par contre, vous auriez parfaitement raison de vous insurger, comme nous, sur le fait que :
L’entreprise compte 198 cadres de Direction (!) dont la masse salariale est supérieure à 50 millions d’euros (sur un total de 390 millions) !

- Quant à la progression de carrière, elle est fulgurante pour certains (ces fameux cadres de Direction notamment) mais stagnante pour la plupart.

Nous nous battons pour que cesse cette gabegie ET SURTOUT pour que les gens qui font la radio ne soient pas ceux qui paient ces errements par des suppressions d’emploi.




COMME VOUS, NOUS SOMMES DES CONTRIBUABLES

NOUS AVONS UNE MISSION DE SERVICE PUBLIC
NOUS SOMMES DONC AU SERVICE DU BIEN COMMUN.


vendredi 10 avril 2015

Revue de presse : Les systèmes d'audiovisuels publics

Au moment où à Radio France, Dominique-Jean Chertier, a été choisi comme médiateur pour trouver une issue à la situation de blocage à Radio France, Le Meilleur des Ondes revient sur les systèmes d'audiovisuels publics dans le monde.

Dans Le Monde Diplomatique, vous trouvez plusieurs articles :

Mai 2014, par Daniel Mermet: Rapprocher le micro de la fenêtre 
Juillet 2013, par Marie Bénilde sur les Blogs du Diplo : Les admirateurs du coup de force Grec
Juillet 2008, par Jean-Claude Sergent : Qui veut en finir avec le modèle de la BBC?

Sur Mediapart :

4 avril 2015, par Dan Israel : Le Conflit à Radio France est dans l'impasse
3 avril 2015, par Jean-Pierre Thibaudat : La Cour des Comptes veut étouffer la Cour des contes
1 avril 2015, par Hubert Huertas : Radio France: Une crise très politique 


Dessin. Paul Calvet






jeudi 9 avril 2015

Article : Mathieu Gallet devrait réfléchir à deux fois avant d'abîmer France Musique

Un article dans Le Monde d'Alain Lompech à lire ICI

Alain Lompech est critique musical, ancien journaliste au Monde, ancien producteur et conseiller aux p
rogrammes de France Musique 






dimanche 5 avril 2015

La grève à Radio France est d'utilité publique

Par les grévistes de Radio France

Depuis dix-sept jours, à Radio France, les irresponsables ne sont pas ceux que l’on croit. Depuis dix-sept jours, les salariés en grève, qui échangent et se battent pour la défense de vos antennes, ont une douloureuse conscience de ce qui se joue pour l’avenir de la radio de service public. Mais cela fait bien plus de dix-sept jours que nous réclamons à notre PDG un vrai projet stratégique. Dix mois déjà que nous attendons des réponses, qu’on ne nous parle que de formats et non de contenus, de marques et non d’identité d’antennes, d’argent et non de richesses.

L’homme invisible de la Maison de la radio préfère courir les plateaux télé pour minorer honteusement le nombre de grévistes* et répéter en boucle que Radio France est le « problème ».

Une grande maison de l’artisanat

Non, nous ne sommes pas un problème mais une ressource, et donc une solution. Nous ne sommes pas un frein à la modernité mais au contraire, des acteurs de notre transformation, vigilants et éclairés. Contrairement aux clichés les plus faciles, nous ne sommes pas contre les réformes, nous réclamons une gestion honnête et efficace de notre entreprise.

Ce ne sont pas des mots en l’air : Radio France est une grande maison de l’artisanat. Nous fabriquons nous-mêmes chaque seconde que vous entendez sur les ondes. Avec un seul impératif : la qualité pour tous. La qualité du son, des paroles, des musiques, de l’information. Notre responsabilité est de préserver le vivre-ensemble plutôt que d’alimenter les peurs collectives. Nous résistons pour continuer à vous offrir ces documentaires, ces reportages long format, ces fictions, ces émissions accessibles mais qui ne cèdent pas à la facilité, ces programmes de proximité que vous n’entendez nulle part ailleurs. Nous luttons pour que nos orchestres restent dans la Maison pour y remplir leur mission de service public, car s’ils « prennent leur autonomie** », plus personne n’ira faire découvrir la musique classique dans les quartiers populaires, dans nos régions, à la rencontre de tous les publics. Tuer un orchestre, c’est comme brûler des livres.

Nous ne voulons pas réduire le reportage à des entretiens par téléphone faute de moyens, nous ne voulons pas que les radios locales fusionnent et ne puissent plus du tout s’adresser à leurs auditeurs les plus proches, nous ne voulons pas de la vedettisation de nos antennes, qui coûte cher en salaires tandis que l’enveloppe dédiée à la création et aux précaires ne cesse de maigrir.

Etre représentés par quelqu’un d’exemplaire


Radio France n’a pas pour vocation de faire du profit, mais doit gérer sainement ses finances, et cela en revanche, est de la responsabilité de nos dirigeants. Ceux qui s’engageront sur cette voie nous trouverons toujours à leurs côtés.

Or, Mathieu Gallet gaspille l’argent public pour son image et son confort personnel plutôt que de s’investir pour l’image de Radio France. Le CSA a peut-être été séduit par sa « modernité », nous sommes atterrés par sa désinvolture.

Nous découvrons chaque jour des révélations plus sidérantes les unes que les autres : ses bureaux, ses conseillers en communication, et maintenant son intention de vendre une partie des murs de la Maison de la radio. L’heure de la grande braderie aurait sonné.

Nous étions transparents, ce conflit a remis les salariés de Radio France au centre des décisions qui devront être prises.

Dans cette Maison chargée d’histoire, lieu de tant de découvertes, espace de liberté et de pensée, nous voulons au minimum être représentés par quelqu’un d’exemplaire. C’est le sens de notre motion de défiance. L’Etat doit nous dire clairement s’il veut faire vivre le service public de la radio avec des moyens à la hauteur de ses ambitions. Faute de preuve, nous considèrerons, et nos auditeurs avec, que ce gouvernement a décidé du contraire.



*Il faut le multiplier au moins par trois puisque nous fonctionnons 24h24 et qu’un tiers des salariés est présent au tableau de service au moment des pointages. Les producteurs (présentateurs de vos émissions) étant intermittents, ils ne sont pas comptabilisés dans le personnel. Les CDD, eux, sont comptabilisés d’office comme non-grévistes, alors que les directions leur demandent de remplacer les CDI grévistes. A titre informatif, 70 % de la rédaction de France Culture, 35 % de celle de France Info et entre 30 et 50 % de celle de France Inter, une grande partie des locales étaient en grève vendredi 3 avril.

**Citation de Mathieu Gallet le 20 mars en assemblée générale.


En savoir plus sur Le Monde

samedi 4 avril 2015

Radio Fanch : Oh temps suspend ton vol...

Merci encore une fois pour cette très belle parole...

"Oh temps suspend ton vol..." : Une des très belles pages de Radio Fanch à lire ICI 

Sans hésiter, allez parcourir les autres pages de Radio Fanch !



mercredi 1 avril 2015

Analyse : Mediapart "Radio France : une crise très politique"

"Folie des grandeurs d'un PDG, budget en déficit, chantier de la Maison ronde qui dérape, grève d'une durée historique révélant un malaise social profond, Radio France est aux prises avec une crise majeure. En proposant de regrouper les rédactions, la Cour des comptes révèle la nature politique de cet imbroglio. Radio France : une crise très politique "

Analyse publiée sur Mediapart par Hubert Huertas à lire ICI 


"D'abord, accuser son chien d'avoir la rage. La rage de la dépense. Donc le mettre au pain sec. Et tant pis si l'État a signé en 2010 un contrat d'objectif et de moyens (Com) prévoyant une augmentation des crédits jusqu'en 2015, puis décidé en 2012 de revenir sur sa signature pour baisser les dotations. Et tant pis si le chantier de rénovation de la Maison de la radio a dérapé dans ses coûts. Il manquera donc 20 millions d'euros dans le budget 2015 de Radio France.
Constater ensuite la colère provoquée sur les personnels par ces restrictions successives, puis par l'annonce d'un plan social. Y ajouter les révélations sur les dépenses du jeune PDG présumé prodige, et en déduire que décidément ce chien a bel et bien la rage.
Glisser enfin d'un problème purement budgétaire, qui incombe aux errances de l'État et aux erreurs des directions successives, pour jeter le bébé avec l'eau du bain, en proposant de régler leur compte à des antennes écoutées chaque jour par le quart des Français. Adieu France Inter, France Info, France Culture, France Musique. C'est le sens de ce que recommande la Cour des comptes dans un rapport publié ce mercredi. Radio France serait donc au bord du gouffre, si on s'en tient au discours du gouvernement, et désormais de l'UMP, laquelle emboîte le pas de la Cour des comptes pour demander le regroupement des rédactions, ainsi que la fusion des deux orchestres. À les entendre il y aurait le feu au lac. La quantité d'argent public engouffrée dans ce tonneau des Danaïdes serait effrayante.
Quelle est donc l'ampleur du drame ? Radio France, c'est-à-dire une cinquantaine d'antennes nationales et locales, ainsi que deux orchestres de renommée mondiale, coûtera 650 millions d'euros en 2015, essentiellement prélevés sur la redevance. Cela représente donc environ 10 euros annuels par Français, soit 80 centimes par mois. Voilà l'enjeu qui fait frémir !
Le déficit qui justifie l'effroi public sera quant à lui de 20 millions d'euros cette année, et sera le premier de toute l'histoire du groupe Radio France. 20 millions ! Une horreur économique si l'on en juge par l'émotion suscitée. Une somme presque cinq fois moins élevée que ce que coûte le seul Zlatan Ibrahimovic au Paris Saint-Germain (95 millions d'euros annuels). Bien sûr l'argent de la radio est public, et celui du foot est privé, mais tout de même ! Dans ce pays, le patrimoine national que constituent France Inter, France Info, France Culture, France Musique, ainsi que deux formations symphoniques, vaudrait moins qu'un buteur ?
On a donc du mal à croire que le mélodrame politico-économique qui se joue devant le pays puisse reposer sur des ressorts aussi modestes. Il faut chercher ailleurs la nature des enjeux véritables, et la cour des comptes vient étrangement d'en révéler les dessous.
Le procès en dépenses excessives ne date pas d'hier à Radio France. En 1986, le proframme législatif de la droite alors dans l'opposition prévoyait déjà des fermetures d'antenne. À l'époque, les locales implantées depuis 1981 étaient accusées de coûter trop, et d'être moins écoutées que les radios locales privées. C'est vrai, on payait des journalistes pour faire de l'information, et des animateurs pour distraire en informant, et cela avait un prix. C'est vrai, mais trente ans plus tard quel autre réseau subsiste ? Et qui peut ignorer que le Réseau Bleu talonne ou dépasse RMC Info en terme d'audience ?
Quant aux antennes nationales, qui peut sérieusement soutenir que France Inter n'est pas une radio différente, que France Info n'a pas été imitée partout, et ne prouve pas chaque jour son utilité, que France Culture n'occupe pas un créneau irremplaçable ? Qui peut soutenir que ces radios ne sont pas différentes entre elles ? Or, au nom d'une crise financière très relative (20 millions d'euros de déficit représentent 3 % du budget), voilà qu'on ressort le dogme ultralibéral : différentes ou pas, les antennes de Radio France seraient identiques et coûteraient cher puisqu'elles seraient publiques. Et puisqu'elles sont les mêmes il faudrait les regrouper !
Supprimer, tailler, concentrer, l'idée fixe est obsédante, et son principe circule depuis longtemps dans les travées de la Maison ronde. L'innovation de la Cour des comptes est simplement de la porter à un niveau que personne n'avait osé formuler. On ne fusionnerait plus des services, sport ou politique par exemple, mais toutes les rédactions. Il n'y aurait plus trois ou quatre voix, susceptibles d'apporter trois ou quatre messages différents, mais le vieux rêve pompidolien de « la voix de la France ».
Le remède ne serait pas de se livrer à une chasse aux gaspillages (il en existe), pas de réduire les abus (il en existe aussi, marginalement), pas de renégocier des avantages excessifs (s'ils existent...), pas de nommer des dirigeants compétents, mais de liquider les antennes ! Officiellement Inter, Culture, Info, Musique, ne disparaîtraient pas, puisque seules les rédactions seraient concernées. Vaste blague ! Comment se traduirait cette innovation sur les antennes, au moment stratégique des matinales ? À France Inter, le 6-9 est exclusivement présenté et préparé par la seule rédaction. Donc il disparaîtrait. Même chose avec France Info. Et à France Culture la rédaction occupe la moitié du temps. Donc à la trappe avec les autres, au profit d'une voix unique comme le Parti du même nom...
L'objectif ultime de la séquence n'est donc pas de nature économique mais de nature politique. Il s'agit de réduire la part du public dans le secteur de la radio, alors même que ce service public avait su, tout au long de son histoire, apporter une offre différente. Aujourd'hui encore, à l'heure du développement d'Internet, Radio France tire son épingle du jeu. Le site de France Culture est par exemple l'un des plus podcastés de France...
Il est d'ailleurs symptomatique, dans ce domaine comme dans bien d'autres, que la Cour des comptes, d'abord chargée de contrôler l'exécution des dépenses, prétende aujourd'hui dicter leur politique aux politiques, au seul nom de « la dépense ». Imaginez un peu la même Cour dans les années 1960, enjoignant le pouvoir d'interrompre le programme du Concorde au nom de raisons d'argent. Charles de Gaulle aurait tonné : « La politique de la France ne se décide pas à la corbeille » ! Les temps ont changé. Aujourd'hui, la Cour recommande à l'État de se faire tout petit, dans tous les domaines. Enfin presque tous... Chaque année les 735 magistrats de la Cour des comptes coûtent au pays 214 millions d'euros." 

Hubert Huertas


Photo Arnaud Contreras
Le Canard Enchainé du 1er Avril 2015


Et la synthèse du rapport de la Cour des Comptes : 
"Radio France : les raisons d'une crise, les pistes d'une réforme" à lire ici

vendredi 27 mars 2015

Reportage : Là-bas, si j'y suis : Radio France une grève de civilisation


Neuvième jour de grève à Radio France. Pas une grève comme une autre : une grève de civilisation. Depuis la fin des années 1970, les grands intérêts privés ont mis en route un énorme rouleau compresseur pour privatiser, délocaliser, et s’attaquer aux grands secteurs publics, lentement ou brutalement. Dans le domaine audiovisuel, il reste une forteresse : Radio France. Un service public admirable, qui connaît un succès quotidien : 12 à 14 millions écoutent chaque jour au moins une des radios du service public.

Radio France a une longue histoire, issue du Conseil National de la Résistance, et c’est chaque jour le symbole sonore de l’attachement des Français au bien public. Le succès de Radio France est dû aussi à la publiphobie. Les Français sont majoritairement publiphobes. Une partie d’entre eux supportent la publicité, les autres écoutent Radio France !
Radio France est aussi un succès dans son financement original que constitue la redevance. 26 € par an pour sept chaînes de radio, deux orchestres, des chœurs. C’est donc cette réussite, ce symbole, cette forteresse que les partisans de la privatisation cherchent à abattre. Et que les salariés, les syndicats et les auditeurs entendent défendre : l’émancipation contre la consommation.

Un reportage de Gaylord VAN WYMEERSCH à écouter ici

Reportage en 4 parties :
Première partie : "Non, Monsieur le Président, Radio France n'est pas une marque."
Deuxième partie : "J'ai découvert que je n'écoutais que Radio France."
Troisème partie : "Ce n'est pas aux emplois de payer les murs."
Quatrième partie :  "Des défilés Hermés dans les studios."
 


Photo Gaylord Van Wymeersch


Merci à l'équipe de Là-bas pour leur Soutien et ce précieux reportage !

Article : Il faut stopper la dérive de Radio France par Philippe Meyer

"Il faut stopper la dérive de Radio France" par Philippe Meyer, pour Le Monde




Les informations publiées semaine après semaine par le Canard enchaîné ne sont pas pour rien dans la grève de Radio France, mais on aurait tort de les croire sa cause unique ou même principale. D’ailleurs, lorsque, il y a un an, le même hebdomadaire révéla que le premier geste du PDG fraichement nommé à l’unanimité par le CSA avait été de réclamer à sa tutelle une substantielle augmentation de salaire, aucune vague d’indignation, de réprobation ou même de simple déception ne parcourut la Maison ronde. C’est qu’en 2014, après cinq ans d’une gouvernance médiocre, à la fois indolente et brutale, confiée par Nicolas Sarkozy à des amis ou à des complaisants, les personnels de Radio France n’accordaient d’importance qu’à une chose : avoir enfin un projet et un patron. Lors de l’arrivée de leur nouveau président, la plupart des collaborateurs avaient, comme ils l’ont aujourd’hui, conscience de l’importance des défis à relever. Le premier de tous est de demeurer un service public dans un monde où l’on fait bon marché de l’intérêt général, dans un domaine, celui de l’audiovisuel, où la spécificité des programmes proposés par les sociétés nationales n’a fait qu’aller en s’érodant et dans un secteur d’activité, celui de la Culture, d’autant plus difficile à faire vivre qu’il est devenu une auberge espagnole en même temps qu’une variable d’ajustement budgétaire.

A ceux qui doutent de la nécessité d’un service public il faut rappeler que, tout au long de son histoire, Radio France a justifié son existence en inventant des émissions et en révélant des talents. Pour les talents, il suffit de parcourir les grilles des radios commerciales : on y verra défiler des noms d’animateurs ou de producteurs dont les premiers pas ont été faits sur les antennes du service public alors que la situation inverse est inexistante ou exceptionnelle. Quant aux programmes, où ailleurs que sur nos antennes aurait-on pu trouver Pierre Desproges, où pourrait-on entendre aujourd’hui les feuilletons de France Culture, les comparaisons en aveugle de la Tribune des critiques du disque, tant de programmes de reportage, tant d’entretiens préparés, tant de portraits fouillés ?

Maintenir et orienter cette spécificité en période d’austérité demande plus que jamais une vision, une volonté et le sens du risque. Ce sont cette vision, cette volonté, ce sens du risque qui ont été si fortement attendus et dont le défaut, pour l’essentiel, explique la grève.
Non qu’il n’y ait pas de raisons matérielles à ce mouvement : d’abord parce que les personnels ont le droit de savoir quel avenir leur est réservé, plutôt que d’en être réduits depuis un an à interpréter des bruits de couloir, des déclarations dans des antichambres, des confidences à des journalistes media, démenties dès qu’elles soulèvent une difficulté. Ensuite parce que la « gestion des ressources humaines » de Radio France n’est pas digne d’un service public. Certaines méthodes couramment utilisées feraient même rougir dans des entreprises dont le profit est le seul but affiché. Certains manquements, s’ils n’étaient pas le fait d’une société dont l’Etat est l’actionnaire principal, conduiraient leurs responsables devant les tribunaux.

Chacun sait que nous sommes entrés dans une période de vaches maigres. Raison de plus pour apporter des réponses stratégiques aux problèmes économiques. Supplier l’Elysée et Matignon de donner à la Caisse des dépôts l’ordre d’acheter l’un de nos deux orchestres pour alléger le budget de la musique entre-t-il dans cette catégorie ? Les musiciens du National ou du Philharmonique n’ignorent pas qu’en Allemagne 37 formations symphoniques professionnelles ont disparu ou ont été contraintes de fusionner depuis 1992, entraînant la disparition d’environ 2500 emplois de musiciens dans un pays qui les protège mieux que beaucoup d’autres. Mais ne brandir cette réalité que comme une menace ou une fatalité constitue-t-il une politique ? Pourquoi les formations musicales de Radio France sont-elles aussi gravement sous-utilisées et pourquoi, hors de France Musique, leur travail est-il pratiquement absent des antennes ? On imagine pourtant quels services pourraient rendre ces orchestres et leurs musiciens dans des programmes d’ouverture et d’initiation à la musique classique, au jazz, à la musique contemporaine. On médite l’exemple donné par le travail approfondi et de long terme de l’orchestre national de Lille auprès des populations les moins instruites de sa région. Plutôt que de les vendre, pourquoi ne pas associer les musiciens à une redéfinition de leurs missions ?
Maison mère de deux orchestres symphoniques, Radio France est aussi le premier employeur de comédiens du pays. Y-a-t-il secret mieux gardé ? Au lieu d’être mise en avant comme l’un de nos atouts, la fiction souffre d’être considérée comme une inévitable obligation de notre cahier des charges alors qu’une vision dynamique de ces programmes permettrait de leur donner toute la place que nous sommes seuls à pouvoir offrir.
Radio France s’est taillée une place particulière dans le domaine de la chanson. En matière d’interprétation, d’écriture, de composition, la période est foisonnante. Or le nombre de salles ouvertes à cet art est, lui, en diminution constante et les quelques petits lieux qui demeurent en activité sont presque tous des parkings dont l’accès est payant. Si l’on ajoute que l’industrie du disque et le showbiz ont mis la main sur la plupart des radios commerciales, on mesure l’importance et l’utilité qu’aurait, à travers l’ensemble du réseau de Radio France, le développement d’une politique d’accueil et de rendez-vous. Or France Inter – dont Jean-Louis Foulquier avait fait la chaine de la chanson - a supprimé trois des quatre émissions qui lui étaient consacrée et faisaient connaître les talents nouveaux.
En matière d’affaires publiques, nos antennes généralistes se perdent dans la multiplication d’émissions de plateaux bavardes, dont les invités sont en général vus et entendus dans tous les medias, alors que notre force est de pouvoir produire des émissions de reportages et d’enquêtes approfondis susceptibles d’informer intelligemment nos auditeurs sur le monde dans lequel ils vivent, de les aider à le connaître et à le comprendre. Ces émissions sont dans notre ADN. Cela est vrai pour toutes les chaînes. Elles ont émaillé aussi bien les productions des rédactions que celles, plus légères, diffusées sous l’étiquette des « programmes ». On les a évoquées glorieusement lors du cinquantenaire, tout en continuant à en contredire ou même à en fouler au pied l’esprit et les ambitions. Nous disposons pour relancer de telles émissions d’un personnel capable, tant à l’antenne que dans les services techniques ; j’ajouterai même que le savoir faire de cette dernière catégorie de collaborateurs, véritables travailleurs du son, est gravement sous-employé et qu’on les cantonne à relayer des bruits de bouche alors qu’ils sauraient saisir, retransmettre les rumeurs du monde et en permettre l’analyse.

Les dernières années ont vu les chaines, et notamment France Inter et France Culture, se livrer à une concurrence absurde exacerbée par des rivalités et des ambitions subalternes. Faute de pouvoir justifier cette rivalité par une politique de programmes, chaque direction s’est arcboutée sur des sondages dont la moindre variation à la hausse, le plus souvent inférieure à la marge d’erreur de ce type de mesure, est célébrée comme un Austerlitz à grand renfort de chevaux et de trompettes. Radio France ne peut pas se payer de cette fausse monnaie, ni se complaire dans cette autosatisfaction ampoulée, ni se replier dans une crainte frileuse. Son mérite a toujours été de proposer à ses publics - je tiens au pluriel – des émissions dont ils ne savaient pas encore avoir envie. C’est ce qui a toujours donné une saveur particulière à son succès. Nous sommes une radio d’offre, avec les risques que cela comporte, pas une radio de marketing, même si le savoir-faire de ceux qui étudient les audiences peut nous aider à placer au mieux nos propositions dans la grille des programmes. Au lieu de cela, les rares facilités budgétaires actuelles sont attribuées à une entité dite « multimédias » dont la mission semble être de soulager la présidence de toute responsabilité éditoriale en la gavant de sondages dont les réponses sont induites par les questions, tout en professant que l’avenir de la radio est dans la vidéo !

Enfin la rénovation du bâtiment a été conduite avec une irresponsabilité ubuesque. Elle ajoute à l’appauvrissement des moyens de reportage et d’émissions à l’extérieur une raréfaction des studios et des moyens internes qui met en péril la production et laisse craindre que nous n’entrions dans la situation que connaît la télévision publique dont les producteurs privés ont fait leur vache à lait, tout en exploitant éhontément le statut de l’intermittence et les ressources de Pôle emploi.
Interrogé sur son projet lors d’une récente assemblée générale, le président de Radio France a répondu que, faute de moyens, il lui était impossible de présenter une ambition. Je crains que ce ne soit là que l’on doive trouver la raison la plus forte d’une déception devenue désarroi avant de tourner à la colère.

Philippe Meyer *


* Docteur en sociologie, Philippe Meyer entre à Radio France en 1982. Producteur ou chroniqueur, musique ou débat, France Culture ou France Inter. Philippe Meyer, touche-à-tout brillant, est un passionné de tout et de tous : chansonnier, auteur de nombreux ouvrages, éditorialiste, professeur à Sciences Po. Il a reçu le Laurier d'honneur 2003 de la radio pour "La prochaine fois je vous le chanterai" (France Inter) et "L'esprit public" (France Culture).

mercredi 25 mars 2015

Article : Le CSA et Fleur Pellerin mettent la pression sur le PDG de Radio France


Par La rédaction de Mediapart

La ministre de la culture a convoqué Mathieu Gallet pour lui demander de lui remettre « sous 15 jours des propositions précises et fermes ». Le CSA lui demande « de lui communiquer l’ensemble des orientations élaborées pour faire face aux déséquilibres financiers » du groupe.

L'article complet à lire ici.

Article : La Maison de la Radio ne tourne plus rond

Libération Écrans revient sur le projet économique et social porté par le PDG de Radio France, Mathieu Gallet. Ce projet est à la fois rejeté par les salariés, en grève depuis une semaine, et désavoué par la ministre de la Culture.

L'article de Philippe Brochen, Christophe Alix, Pierre Alonso et Jean-Christophe Féraud.



(Photo AFP du 18 mars Patrick Kovarik)

Sur la même page, écouter "Mauvaises Ondes" avec Jean-Christophe Féraud sur Libé Radio.

Article : De la grève et des ondes

Paris-Luttes.info résume la lutte en cours à Radio France, la précarité, la politique de la direction et les stratégies de division mais aussi ce qui est défendu par les grévistes et les solidarités qui se nouent.

L'article à lire ici.



mardi 24 mars 2015

Article : Un conseiller à 90 000 euros par an pour Mathieu Gallet

Libération nous informe que dans son édition à paraître demain, "Le Canard Enchaîné" fait de nouvelles révélations sur le train de vie du président de Radio France et enfonce le clou.


Mathieu Gallet avait dénoncé une "campagne de déstabilisation". Ses explications et excuses dans Le Monde lundi n'ont pas convaincu "Le Canard Enchaîné", qui en remet une couche dans son édition à paraître demain pour dénoncer "les bobards" du président de Radio France. Et dévoiler de nouveaux "caprices".

lundi 23 mars 2015

vendredi 20 mars 2015

mardi 17 février 2015

Article : Péril en la Radio France

Article de PARIS-LUTTES.INFO détaillant les enjeux de la grève du 11 février 2015 et faisant part des inquiétudes des salariés de la radio publique.

France Télévisions à bout de nerfs

Excellent papier de Marianne sur la brutalité de la Direction de France Télévisions vis-à-vis de leurs salariés et le climat social déplorable dans l'entreprise.

http://www.marianne.net/france-televisions-salaries-bout-nerfs-100231399.html